Une édition photosensible

Dans cette newsletter, nous avons envie de partager quelque chose d’intime, qui ne se dévoile pas aux yeux de n’importe qui (et oui, vous comptez pour nous). On vous offre ici une part de notre sensibilité. Car rien de tel que de transmettre de l’émotion, non?

Tambouille Interne
4 min ⋅ 26/11/2025

Une édition photosensible

© Albarràn Cabrera

Le travail du duo d’artistes Angel Albarràn et Anna Cabrera va au-delà d’une simple retranscription du réel : il l’interprète, le magnifie. Une démarche (photo)sensible qui nous émeut et nous inspire.
À voir jusqu'au 17 janvier à Les Douches la Galerie 54 rue Chapon 75003 Paris

LE BEAU Le nouveau luxe est-il fait pour durer ?

© 11h45

Alors que Matthieu Blazy, DA de chez Chanel, affirme que « le luxe ne suffit plus », Nadège Winter, influenceuse avant l’âge des influenceuses, poste sur LinkedIn un plaidoyer qui soutient que « le nouveau luxe est la longévité ». La dématérialisation du luxe avait commencé dès lors que des investisseurs se sont intéressés de près à l’expérience du restaurant. Un lieu bien concret, certes, mais qui offre une expérience bien plus éphémère que la possession d’un sac à main griffé. 
Paul Dupuy et Ismaël Emelien incarnent exactement ces entrepreneurs malins qui ont commencé leur collaboration autour du lancement de l’un des plus beaux sushis de Paris
Sushi Shunei. Le succès immédiat du restaurant les conforte dans leur vision décalée du luxe et les pousse à monter Zoï en 2021. Ce lieu à l’architecture simplo-futuriste propose un bilan de santé préventive ultra-complet conçu comme une expérience inédite. « Nous nous sommes inspirés de Sushi Shunei pour concevoir chaque détail du lieu, nous raconte Paul Dupuy. On a développé un langage architectural et visuel apaisant, une ambiance olfactive travaillée par l’ancien nez d’Hermès. Un artiste sonore a interprété son check-up en musique et nous avons même développé un peignoir dont la manche facilite les prises de sang. »
Tous les éléments sont posés pour que la santé devienne un lieu de tendance au même titre que la mode ou la gastronomie. Une recette qui pourrait faire durer le plaisir de prendre soin de soi, un luxe de première nécessité.

LE BON « Une recherche constante qui oblige à être en alerte. »

Pour la toute première édition du Le Journal des Maisons d’Alexandre Gauthier, nous avons proposé au chef cuisinier d'inviter le photographe Paul Rousteau chez lui, sur la Côte d’Opale. La rencontre a été comme une révélation pour les deux artistes. Dans Le Journal, un objet purement visuel qui se dévoile au fur et à mesure de son dépliage, le photographe raconte la découverte d’un territoire artistique et paysager. Le chef lui ne s’était jamais encore exprimé sur leur collaboration. Il le fait en avant-première pour Tambouille Interne.

© Paul Rousteau

Comment s’est passé ta rencontre avec Paul Rousteau ?
Avant qu’il arrive, je me suis demandé quel œil il allait porter sur la maison, qu’est-ce qu’il verrait que je n’ai pas vu ? Comment allait-il révéler mon quotidien dans cette maison où j’ai grandi et que j’habite à nouveau depuis 22 ans ? Qu’est-ce qu’il allait percer dans mon travail, sur mon territoire, un comportement, une posture, une énergie, une mélancolie… ?

Et que t’a-t-il révélé ?
Ce coucher de soleil sur la plage qui fait le poster du Journal m’a bousculé. C’est incroyable que ce feu-là soit aussi chez nous. Dans le Nord, on vit avec cette humilité pour ne pas dire une forme de complexe d’être stéréotypé. Je suis conscient de ça, et je le combats. Je veux dire aux gens qui passent chez nous à quel point ce pays est beau. Avec cette image, Paul Rousteau m’a déplacé dans mon propre territoire, mais il m’aide surtout à déplacer les autres avec un argumentaire visuel évident.

Est-ce que tu as senti des points communs dans vos façons de travailler ?
Nous partageons une façon de chercher la lumière, de la révéler. La lumière c’est la vitamine de l’œil. Avec son jeu technique (les miroirs, l’idée de mettre devant son objectif des éléments qui donnent des profondeurs lumineuses), Paul crée un mystère.
Dans mon travail, j’aime quand tout n'est pas lisible au premier coup d’œil, ça me plaît que les réponses ne soient pas évidentes tout de suite. C’est ma cuisine et c’est aussi la photographie de Paul. Créer un floutage sur une architecture ou un individu, c’est puissant.
Il y a peu de silence dans ses images. Je m’y reconnais car je cherche sans cesse la minute merveilleuse dans une journée. Ça peut être une éclaircie, une brume, un moment où ça s’éteint. Cette recherche constante oblige à être en alerte. Avec Paul, on partage ce goût de l’observation.

Découvrir le travail de Paul Rousteau
Visiter les
Maisons Alexandre Gauthier
Le Journal des Maisons d’Alexandre Gauthier, numéro #01 est offert dans les chambres et les restaurants d'Alexandre Gauthier.

LA PÉPITE Trouver l’équilibre

Chez Les Digitalistes, on privilégie l’équilibre vie pro/perso, comme disent les RH. Mais certains collaborateurs, et en l'occurrence ici une collaboratrice, a décrété que son équilibre vie perso passait aussi par du pro. Marie Aline, journaliste repentie, a parfois du mal à décrocher. Et elle a d’autant plus de mal quand on la prend par les sentiments. 

Depuis l’ouverture d’Ama Siam, elle est une habituée de la famille Souksavanh. Moo pralo après Moo pralo (un porc fondant de folie furieuse), elle a tissé des liens avec le frère du milieu, Nicolas. Ils se sont raconté l’histoire de leurs familles, ont vu des convergences. Alors quand il a fallu écrire un livre pour fêter les 40 ans de Lao Siam, l’un des plus anciens restos thaï de la capitale, Marie a accepté la mission, avec conviction et honneur. Mis à part la beauté indéniable du livre, une chose retient notre attention, un équilibre, un autre, qui nous est cher à l’agence : l’accord des mots et des images. Nous ne pouvons pas statuer sur la qualité des textes (en toute objectivité, ils sont magnifiques de vie et de poésie) mais nous sommes en mesure de reconnaître que le livre est construit comme un trépied : le texte, les images, la DA. Rien ne tient sans rien. La beauté du livre est là, dans le tout. C’est un équilibre que l’on recherche dans tous nos projets, qu’il soit pro ou perso. 

À lire absolument après l’avoir commandé par message sur le profil Instagram de Lao Siam
Lao Siam, de Arianne Foks, Studio Jimbo, Marie Aline et toute l’équipe de Lao Siam, en auto-édition. 40€, 480 p.



Tambouille Interne

Par Les Digitalistes

Les Digitalistes est une agence éditoriale & créative fondée en 2014, basée à Paris. Elle accompagne les acteurs de l’univers de l’art de vivre dans l’élaboration et la production d’une narration rédactionnelle et visuelle.